Carl Rogers, l’un des psychologues phare de la psychologie humaniste, écrit, en 1957, un article intitulé « Quelques mots sur la nature humaine » où il y développe sa vision des êtres humains par rapport à celle de Freud. Il dit » J’ai peu d’affinité avec l’idée, assez répandue aujourd’hui, qui veut que l’homme soit foncièrement irrationnel et que ses instincts, à défaut d’être maîtrisés, le conduisent à sa propre destruction et à celle des autres. » et également » Mon expérience ne me convainc en rien que la libération des forces les plus profondes de l’homme déchaînerait par le monde un çà aussi incontrôlable et destructeur. […] En ce qui me concerne, je vois en l’homme une créature d’une admirable complexité, qui parfois tourne terriblement mal, mais dont les pulsions les plus profondes vont dans le sens du progrès, du sien comme de celui de ces congénères. »
Quand je relis ces mots, je vois à quel point, ces visions si opposées des êtres humains influence notre manière d’être en tant que thérapeutes. D’un côté, il y a la nécessité de contrôler, d’éduquer ces êtres humains pour les amener à dompter leurs pulsions pratiquement maléfiques et de l’autre, c’est plutôt, de la responsabilité du thérapeute de créer une atmosphère confiante, bienveillante qui va permettre à la personne de trouver son propre chemin. Cette dernière vision, celle de la psychologie humaniste, pose une confiance fondamentale en l’être humain. Dans les bonnes conditions, chacun révèle, exprime sa nature bienveillante.
Qu’est-ce que la psychothérapie humaniste ? Une approche centrée sur la personne
La psychothérapie humaniste repose sur un postulat simple : chaque personne possède en elle les ressources pour se comprendre et se transformer. Contrairement à d’autres approches plus « mécaniques », elle met l’accent sur l’expérience humaine, le ressenti et la conscience. Elle s’inscrit dans un courant né dans les années 1950, porté par des figures majeures comme Carl Rogers et Abraham Maslow.
L’être humain est vu comme fondamentalement bon, capable de croissance et d’évolution, si bien que cette approche place l’individu au cœur du processus de changement. L’objectif n’est pas de « réparer » une personne défaillante, mais de lui permettre de retrouver son élan vital.
Carl Rogers : le pionnier de l’approche centrée sur la personne
Impossible de parler de psychothérapie humaniste sans citer Carl Rogers. Ce psychologue américain a totalement révolutionné la manière de penser la relation d’aide. Pour lui, c’est la qualité de la relation entre le thérapeute et la personne accompagnée qui fait toute la différence.
Rogers introduit trois conditions essentielles : l’empathie, la congruence (ou authenticité), et le regard positif inconditionnel. Ces conditions permettent un climat de confiance, car la personne se sent comprise, acceptée et respectée. Cette relation favorise une exploration sincère de soi, en raison de la sécurité qu’elle offre.
Une vision positive de l’être humain
La psychothérapie humaniste ne part pas du symptôme ou du dysfonctionnement. Elle s’intéresse à l’humain dans sa globalité. On considère que chaque individu est en chemin vers une meilleure version de lui-même, même s’il traverse des périodes de doute ou de souffrance.
Cette vision est profonde car elle invite à croire au potentiel de chacun. La douleur psychique est vue comme un signal, un indicateur d’un besoin non comblé. Ce regard bienveillant est fondamental, car il déculpabilise.
Une thérapie qui part de la personne, pas du trouble
L’énorme différence avec d’autres thérapies, c’est que l’on ne cherche pas à faire entrer la personne dans une case diagnostique. Chaque être humain est unique et en perpétuelle évolution.
En psychothérapie humaniste, on part du vécu, des ressentis, des émotions. On considère que c’est la personne qui sait ce qui est bon pour elle. Le rôle du thérapeute est donc d’accompagner, non de diriger, si bien que la responsabilité du changement revient à la personne elle-même. C’est une approche non directive du courant humaniste qui vise l’épanouissement de l’être humain. Elle est orientée vers le futur de la personne et ne ressasse pas continuellement son passé.
Un climat de non-jugement essentiel
Dans cette approche, le regard positif inconditionnel est une clé. Cela signifie que le thérapeute accueille la personne telle qu’elle est, sans poser de jugement.
Ce climat permet une expression sincère des émotions, car la personne se sent sécurisée. Elle peut alors explorer librement ses pensées les plus profondes. En raison de cette attitude d’ouverture, le patient peut se reconnecter à qui il est vraiment.
La responsabilité personnelle : un principe fondamental
La psychothérapie humaniste part du principe que chacun est responsable de sa vie. Cela ne veut pas dire que l’on est coupable de tout, mais que l’on peut choisir comment réagir, comment avancer.
Ce principe est libérateur, car il indique que chaque être humain à la possibilité d’évoluer. Il n’est pas uniquement déterminer par des injonctions exterieures à lui-même. Même si notre passé a été difficile, on peut faire autrement. On peut évoluer, en raison de notre capacité à nous adapter, à transformer notre regard sur nous-mêmes.
Une approche globale : corps, émotions et esprit
L’être humain n’est pas juste un cerveau sur pattes. Il est aussi un corps, un système émotionnel, une vie intérieure. C’est pourquoi la psychothérapie humaniste prend en compte toutes ces dimensions.
Certaines méthodes humanistes intègrent le corps (comme la Gestalt-thérapie ou la bioénergie), car nos tensions physiques en disent souvent long. D’autres travaillent plus sur les ressentis, les sensations ou les images intérieures. Cette globalité permet un véritable ancrage du changement.
Pourquoi la psychothérapie humaniste résonne autant aujourd’hui
De nos jours, beaucoup de gens cherchent du sens à leur vie. Ils ne veulent plus être étiquetés mais juste compris, écoutés. L’ approche humaniste attire de plus en plus car elle répond à cette recherche d’authenticité.
Elle répond à des besoins actuels : écoute, bienveillance, respect du rythme de chacun. Dans un monde où l’on passe beaucoup de temps derrière des écrans, elle permet de se recentrer sur l’essentiel. Elle inspire aussi le développement personnel, car elle ouvre la voie à une meilleure connaissance de soi.
La psychothérapie humaniste en pratique : à quoi s’attendre ?
Une séance de psychothérapie humaniste n’est pas dirigée par le thérapeute. Il n’y a pas de programme préétabli. L’espace est ouvert à ce que la personne vit, ici et maintenant.
Le patient est invité à exprimer ce qu’il ressent, ce qu’il pense, ce qu’il traverse. Le thérapeute accompagne avec présence et écoute, car c’est dans ce cadre sécurisant que les prises de conscience émergent naturellement.
Psychothérapie humaniste et approche centrée sur la personne
L’approche centrée sur la personne (ACP) est une forme de psychothérapie humaniste développée par Carl Rogers. Elle repose sur les mêmes principes : écoute active, absence de jugement, valorisation de l’expérience personnelle.
Cette approche a fait ses preuves dans de nombreux contextes : accompagnement individuel, travail en groupe, éducation, même en entreprise. Elle montre que le respect et l’écoute permettent à chacun de se déployer, si bien que son application dépasse le cadre strictement thérapeutique.
Un chemin vers l’authenticité et la croissance personnelle
Ce qui distingue vraiment cette approche, c’est qu’elle ne cherche pas à « normaliser » la personne. Elle vise plutôt à l’aider à devenir pleinement elle-même.
C’est un véritable chemin de transformation, car on apprend à reconnaître ses besoins, ses valeurs, ses limites. On développe une confiance nouvelle en soi, en raison de l’alignement entre ce que l’on vit et ce que l’on ressent.
Conclusion : une invitation à changer de regard
La psychothérapie humaniste, et l’approche centrée sur la personne de Carl Rogers, nous invite à plus de conscience. Elle nous rappelle que derrière chaque souffrance se cache un besoin, un potentiel, une envie de vivre mieux.
Ce regard transforme notre manière d’être en relation avec les autres, et avec nous-mêmes. C’est une approche pleine d’humanité, de respect, et de possibilités.