Psychologie Humaniste

Qu’est-ce que la Psychologie Humaniste ? En quoi elle se distingue des autres approches de la psychologie ? Dans cet article, je vous apporterais quelques unes de mes réponses et surtout qu’est-ce que cela change concrètement au cours d’une séance. Je m’appuie principalement sur l’approche centrée sur la personne développée par Carl Rogers, cependant au fil du temps la psychologie humaniste a créé bien d’autres courants en son sein.

La vision des êtres humains de la Psychologie Humaniste

La psychologie humaniste pense les êtres humains comme fondamentalement bienveillants et prêts à être au service des autres.

La grande question qui a mené Marshall Rosenberg, le père de la communication non violente, c’est  » Comment ce fait-il que nous puissions nous couper de notre bonté naturelle au point d’adopter des comportements violents et agressifs ? » C’est ainsi qu’il débute son livre phare « Les mots sont des fenêtres ou bien des murs » (1). Et c’est sur cette observation qu’il a bâtit la communication non violente pour pouvoir retrouver cet élan de bonté naturelle lorsque nous l’avons perdu.

Carl Rogers, auprès de qui Marshall Rosenberg a travaillé des années, écrit, en 1957, un article intitulé « Quelques mots sur la nature humaine » (2) où il y développe sa vision des êtres humains par rapport à celle de Freud. Il dit  » J’ai peu d’affinité avec l’idée, assez répandue aujourd’hui, qui veut que l’homme soit foncièrement irrationnel et que ses instincts, à défaut d’être maîtrisés, le conduisent à sa propre destruction et à celle des autres. » et également  » Mon expérience ne me convainc en rien que la libération des forces les plus profondes de l’homme déchaînerait par le monde un çà aussi incontrôlable et destructeur. […] En ce qui me concerne, je vois en l’homme une créature d’une admirable complexité, qui parfois tourne terriblement mal, mais dont les pulsions les plus profondes vont dans le sens du progrès, du sien comme de celui de ces congénères.  » 

Quand je relis ces mots, je vois à quel point, ces visions si opposées des êtres humains influence notre manière d’être en tant que thérapeutes. D’un côté, il y a la nécessité de contrôler, d’éduquer ces êtres humains pour les amener à dompter leurs pulsions pratiquement maléfiques et de l’autre, c’est plutôt, de la responsabilité du thérapeute de créer une atmosphère confiante, bienveillante qui va permettre à la personne de trouver son propre chemin. Cette dernière vision, celle de la psychologie humaniste, pose une confiance fondamentale en l’être humain. Dans les bonnes conditions,  chacun révèle, exprimer  sa nature bienveillante.

Les trois attitudes

Aussi, Carl Rogers, conduit chaque thérapeute à s’interroger sur sa vision fondamentale du genre humain, pour se rendre compte à quel point cela peut influencer sa propre pratique avec les personnes qu’il reçoit. 

Et c’est clairement influencé lui-même par cette vision humaniste et grâce à son travail de recherches, Carl Rogers a développé les trois attitudes à cultiver par le thérapeute pour créer cette atmosphère propice non seulement à la guérison mais aussi au développement des personnes.

L’empathie

Pour moi, la première attitude,  c’est l’empathie. C’est celle qui change profondément la relation entre le thérapeute et la personne reçue en séance. Elle crée directement, de manière palpable pour la personne dès la première séance, cette atmosphère d’accueil qui va permettre d’aller à la fois toucher les problèmes en profondeur et permettre le développement d’autre chose qui est désiré par la personne, trouver un autre chemin. 

Pour Carl Rogers, l’empathie c’est la capacité à comprendre avec justesse et sensibilité les expériences et les sentiments de la personne et les significations qu’elles ont pour elle. Le thérapeute en mettant de côté son propre monde intérieur mets toute son attention à être disponible entièrement au monde intérieur, intime de la personne. 

Le regard positif inconditionnel

Le thérapeute manifeste à la personne qu’il reçoit son intérêt profond et authentique. Il regarde la personne non pas comme quelqu’un de malade, ou qui a des problèmes, mais comme une personne qui est pourvue de potentialités constructives utiles pour son propre développement et pour celle de la société dans laquelle elle vit. Et lorsque le thérapeute parvient à suspendre ses propres jugements, ses évaluations, ces propres sentiments à l’égard de ce qui est partagé par la personne, alors il manifeste un regard positif inconditionnel.

Ainsi, le thérapeute ne se drape pas dans sa position d’expert, de celui qui sait et qui analyse à la place de la personne mais au contraire s’efforce avec sensibilité et délicatesse de mettre toute son attention à comprendre, à se rendre disponible au monde de la personne qu’il reçoit. Et à lui communiquer cette intention.

La congruence

Pour réussir à manifester ces deux premières attitudes, le thérapeute est aussi constamment en contact avec son propre monde intérieur pour détecter à l’écoute de la personne, ses propres jugements, sentiments, évaluations qui pourraient empêcher, embrouiller sa disponibilité au monde intérieur de la personne.

Parfois, il peut détecter qu’un mot, ou attitude déclenche chez lui une pensée qu’il n’arrive pas à mettre de côté. Dans ce cas, le thérapeute peut exprimer avec authenticité ce qui le traverse à ce moment là à la personne, c’est la congruence. Cela renforce ce lien authentique entre thérapeute et la personne reçue en entretien, le thérapeute en se permettant d’être authentique avec la personne, plutôt que de rester dans une contenance personnelle, dans une façade « professionnelle », permet aussi à la personne de manifester cette authenticité envers lui.

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Voilà pour une première introduction à la psychologie humaniste que je pratique. Je m’aperçois que j’aurais encore beaucoup à vous partager sur ce sujet, la non-directivité, la présence…. Mais surtout, le plus important, sans doute à mes yeux, et par mon expérience personnelle, c’est qu’une fois que l’on a goûté à ce type de relation, c’est bien difficile de s’en passer… Et notre détecteur, en tout les cas le mien, devient de plus en plus affûté pour détecter les situations relationnelles où il ne m’est pas joyeux de vivre.

Si vous voulez en savoir plus tout de suite vous pouvez aller là, voir expérimenter vous pouvez me contacter.

  1. « Les mots sont des fenêtres ou bien ce sont des murs – Introduction à la communication non violente » – Marshall Rosenberg , Ed. La Découverte.
  2. Article traduit en français dans « L’approche centrée sur la personne » Anthologie de textes de Carl R. Rogers, Ed. Randin.

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